Jean

Perdrizet

1907 - 1975

France

Perdrizet

« Oui-ja électrique », « Filet thermoélectronique à fantômes », « Robot cosmonaute », « Balance spatiale », « Curseur imagination », « Pipe volante », « Buître à pales variables »… Les noms des inventions merveilleuses de Perdrizet offrent une véritable délectation poétique en même temps qu’ils ouvrent et créent un univers autonome et enchanteur où le positivisme de la science épouse une imagination inaltérée et exaltée.
Né en Bourgogne de parents instituteurs, Jean Perdrizet passe sa vie célibataire, auprès de sa mère. Après son bac, il obtient en 1931 le diplôme d’adjoint technique des ponts et chaussées mais sera mis en disponibilité huit ans plus tard, pour raisons de santé. Par la suite il travaille épisodiquement à Électricité de France puis à la surveillance de la construction du pont de Bollène. Vers 1955, la famille Perdrizet s’installe à Dignes.
Perdrizet réalise dès l’âge de 24 ans les plans de ses inventions prodigieuses. Il s’enthousiasme autant pour la construction de robots, de machines à percer les plafonds que de soucoupes volantes et de moyens de communiquer avec les morts ou les extraterrestres. A la suite du décès de son père, il se fabrique une table spirite d’une légèreté inouïe pour entrer en contact avec lui et organise des séances avec ses voisins. Trouver une langue universelle le passionne également : il invente la « langue T » ou « espéranto sidéral » qu’il dit « parler couramment ». De sa cave surgissent de temps à autres des constructions loufoques : sa soucoupe volante lui vaut l’admiration des gamins de son quartier. Perdrizet se dit « inventeur » et se tient au courant des avancées scientifiques les plus récentes. Cherchant à faire connaître ses innovations, il expédie « deux tonnes [de plans] en 40 ans » à la NASA, au CNRS, aux facultés de sciences, au Vatican, à l’UNESCO, à l’Académie suédoise dans l’espoir de recevoir un prix Nobel… Sans résultat. Pour autant, plusieurs scientifiques s’intéressèrent à son travail tels que José Argémi ou Jacques Paillard ; le peintre et collectionneur Adrien Dax enviait son « état de grâce »...  Perdrizet, inventeur passionné par la science, repousse les frontières de cette discipline et la transcende en un espace aérien et sublime où l’impossible laisse place à l’imaginaire.
Au décès de sa mère, il déclare : « elle n’est pas morte, elle est ailleurs », avant de la rejoindre trois jours plus tard… Si les constructions de Perdrizet ne lui ont pas survécu, ses plans et traités linguistiques ont été conservés et constituent aujourd’hui un œuvre majeur d’art brut, notamment exposé au LaM, à Villeneuve d’Asq.

  • jean perdrizet, deus ex machina, catalogue d’exposition (galerie christian berst, paris, 3 FEV 2012 au 10 MARS 2012), textes de manuel anceau, josé argémi, jean-gaël barbara, christian costard et marc décimo, paris, galerie christian berst, 2012.

 

  • « L'Art Brut aujourd'hui », Artension, Hors Série n°4, septembre 2010.

  • L'amour de l'Espace, sous la direction de Gérard Azoulay,Paris, Observatoire de l’espace - CNES,2009.

 

  •  L'Aracine & l'art brut, Les chemins de l'art brut (8), catalogue d'exposition (24/09- 15/12/2009, Galerie Colbert, INHA, Paris; 19/01-26/02/2010, Galerie Les 3 Lacs, Lille 3, Villeneuve d'Ascq), 2009.

 

  • Collectif d’auteurs, Trait d’union, Les chemins de l’art brut 6 à Saint-Alban-sur-Limagnole,catalogue d’exposition, (4 JUIN >1er SEPT. 2007, Château de Saint-Alban, Saint-Alban-sur-Limagnole / Musée d'art moderne Lille Métropole, Conseil général de Lozère, Association Culturelle du personnel du Centre Hospitalier François Tosquelles), Villeneuve d'Ascq,Musée d'Art Moderne de Lille, 2007.

 

  •  « Grâce à la CC3V le lègs Jean Perdrizet à l’Hôpital », in La Marseillaise, 11 mai 2006.

 

  • Madeleine Lommel, L'Aracine et l'art brut, Neuilly-sur-Marne, L’Aracine, 2004.

 

  • Savine Faupin, ″Fiat lux″ ou de l'existence de l'électricité dans l'Art brut, in Techne n°12, 2000.

 

  •  Art Brut, Collection de l’Aracine, catalogue d’exposition (Musée d’Art Moderne, Communauté Urbaine de Lille - Villeneuve d’Ascq, 2 FEV > 14 JUIL. 1997 ; Château de Villeneuve, Fondation E. Hugues, Vence, 14 NOV. 1997 > 28 FEV 1998), sous la direction de Joëlle Pijaudier-Cabot et de SavineFaupin, Villeneuve d’Ascq, Musée d’Art Moderne, Communauté Urbaine de Lille, 1997.

 

  •  José Argémi, « Ce merveilleux c’est de la confiture », in Discours, ouvrage collectif sous la direction de Jean-Michel Goutier, Paris, Plasma, 1979.

 

  •  « Au royaume de l’invention : la machine à percer les plafonds créée par un Dignois » in Le Méridional, 26 juin 1971.

 

  •  Catalogue de la collection de l'art brut, Paris, publications de la collection de l'Art Brut, 1971

 

  •  « Les prochains voyageurs sur la lune seront peut-être Dignois ? » in Le Méridional, 24 octobre 1969.

 

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