Né à Bratislava en 1926, Johann Hauser est rapidement dirigé dans une école spécialisée dont il ne dépasse pas la seconde année. Considéré comme « faible d'esprit », il entre à 17 ans à l'hôpital psychiatrique de Mauer-Ohling pour être transféré, cinq ans plus tard, à Gugging. Là, le Dr Navratil l'encourage à dessiner : il n'en faut pas plus à Johann pour plonger littéralement dans le creux de la création. Puisant son inspiration dans les magazines illustrés, Johann malaxe l'image, la transfigure jusqu'à en extraire son jus propre, sa patte d'artiste on ne peut plus inimitable. Les femmes qu'il représente, agressives et dépouillées, ont leurs attributs sexuels outrageusement exhibés tandis que leurs poils et cheveux envahissent l'image, recouvrant parfois tout l'espace de la feuille, immergeant le regardeur dans une jungle capillaire. Mais Johann donne également dans l'épure : un carré vide lui suffit parfois; un nuage, quelques gouttes de pluie font œuvre. Enfin, avions, bateaux, voitures, obus et animaux –notamment des serpents– participent de cet univers fantasmé et fantasmagorique laissant peut-être par là une place métamorphosée au masculin. Les feuilles que Johann utilise portent la trace de la fougue créatrice qui l'anime : le papier est gaufré par le passage du crayon, relief qui, retraçant la genèse de l'œuvre, en redouble la puissance. Hauser qui rêvait d'être gendarme et d'épouser une tyrolienne est devenu un classique de la maison des artistes de Gugging et sa création figure parmi les plus grandes collections d'Art Brut au monde, dont celle, historique, de Lausanne.
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Collection de l'Art brut, Lausanne (Suisse)
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LaM, musée d'art moderne, d'art contemporain et d'art brut de Lille Métropole, Villeneuve d'Ascq (France)
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Collection Arnulf Rainer, Vienne (Autriche)
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Collection abcd, Montreuil (France)
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Musée de la Fabuloserie, Dicy (France)
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Collection Dammann, Bâle (Suisse)
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Art brut Center, Gugging (Autriche)
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Collection Eternod/Mermod, Lausanne (Suisse)
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Intuit, The Center for Intuitive and Outsider Art, Chicago (Etats-Unis)
- Lucienne Peiry, Collection de l’Art Brut. Lausanne, co-édition Collection de l'Art Brut et Skira-Flammarion, Paris, 2012.
- Charles Russell, « art/brut.! gugging.! now.! » in Raw Vision n°70, 2010.
- « L'Art Brut aujourd'hui », Artension, Hors Série n°4, septembre 2010.
- Arte, genio, follia, Il giorno e la notte dell’artista, Siena, Complesso Museale Santa Maria della Scala, 31 gennaio – 25 maggio 2009, Edizioni Antonio Mazzotta, 2009.
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David Maclagan, Outsider Art, From the Margins to the Marketplace, London, Reaktion books, 2009.
- Outsider Art Source Book, Art brut, folk art, outsider art, raw vision Ltd, 2009.
- Laurent Danchin, L’Art brut, L’Instinct créateur, Paris, Découverte Gallimard, 2006.
- Lucienne Peiry, L’Art Brut, Paris, Flammarion, Coll. « Tout l’art », 1997, 2006.
- Thomas Röske, Bettina Brand-Claussen, Gerhard Dammann, Collecting Madness, Outsider Art from the Dammann Collection, Heidelberg, Wunderhorn, 2006.
- Animales, sous la direction de Susi Brunner, Zürich, galerie / sammlung s. brunner, 2005.
- John Maizels, L’Art brut, l’art outsider et au-delà, Paris, Phaidon, 2003.
- Colin Rhodes, L’Art Outsider, Art brut et création hors normes au XXe siècle, Paris, Editions Thames & Hudson, Coll. « L’univers de l’art », 2001.
- Carl Aigner, Helmut Zambo, Johann Hauser: Im Hinterland des Herzens, Vienne, Brandstätter, 2001.
- Johann Failacher, Hauser'sFrauen, St. Pölten, Salzbürg, Residenz Verlag Gmbh, 2001.
- « John Maizels interviews Dr. Léo Navratil, founder of the Gugging House of Artists » in Raw Vision n°34, 2001.
- Michel Thévoz, Collection de l'Art Brut, Lausanne, Lausanne, Musées Suisse, 2001.
- Léo Navratil, Art Brut und Psychiatrie, Gugging, 1946-1986, Vienne, Brandstätter, 1999.
- The Art of Gugging: Johann Hauser, Galerie Kunst and Handel, Vescon-Edition, 1999.
- Johann Feilacher, « Johann Hauser, classics of outsider art » in Raw Vision n°22, 1998.
- Léo Navratil, Gugging 1946-1986, Vienne, Brandstätter, 1997.
- Léo Navratil, « Art Brut et Psychiatrie » in Raw Vision n°15, 1996.
- Léo Naratil, « In Mémoriam, Johann Hauser (1926-1996) » in Raw Vision n°14, 1996.
- Léo Navratil, Die Künstler aus Gugging, Berlin, Medusa Verlags GmbH,1983.
- Michel Thévoz, « Johann Hauser », Gugging, Fascicule de l'Art Brut n°12, Lausanne, publications de la Collection de l’Art Brut,1983.
- Léo Navratil, Johann Hauser, Künst aus Manie und Depression, Berlin, Rogner & Bernhard, 1978.
- Leo Navratil, « Idoles maternelles d'un imbécile », in Entre Eros et Thanatos, Psychopathologie de l'expression, Vol. 14, Sandoz, 1970.